Le 21 février 1431, une prisonnière enchaînée comparaît devant un évêque et des docteurs en théologie. Trois greffiers notent chaque réponse. Trois mois plus tard, elle est brûlée vive sur la place du Vieux-Marché de Rouen.
Procès de condamnation : les juges et l'accusée
Le tribunal est présidé par Pierre Cauchon, évêque de Beauvais, ancien recteur de l'Université de Paris et conseiller du duc de Bourgogne, chassé de son diocèse par les troupes de Charles VII. Il siège avec le vice-inquisiteur Jean Lemaistre et des assesseurs, docteurs en théologie, chanoines et abbés, dont le nombre varie selon les séances. Jean Beaupère conduit la plupart des interrogatoires. Les Anglais, qui ont racheté Jeanne à Jean de Luxembourg pour dix mille livres, la détiennent pendant toute la procédure.
La prisonnière est détenue au château de Rouen, une prison militaire, alors qu'un tribunal d'Église exige une prison d'Église. Elle répond seule, sans conseil. Les greffiers Guillaume Manchon, Guillaume Colles dit Boisguillaume et Nicolas Taquel consignent séparément les débats, puis confrontent leurs minutes.
La procédure d'inquisition, de février à mai 1431
Les interrogatoires s'ouvrent le 21 février. Ils portent sur les voix, l'habit d'homme et la soumission à l'Église. À la question piège de savoir si elle est en état de grâce, Jeanne répond : « Si je n'y suis, Dieu m'y mette. Et si j'y suis, Dieu m'y tienne. » Les séances publiques sont suivies de séances dans la cellule.
Le 27 mars, le promoteur Jean d'Estivet présente soixante-dix articles d'accusation, que le tribunal ramène ensuite à douze avant de les soumettre à des théologiens. Jeanne les réfute article par article.
Le 24 mai, au cimetière de l'abbaye Saint-Ouen, un sermon est prononcé devant le bûcher préparé. Jeanne signe une cédule d'abjuration et se voit condamnée à la prison perpétuelle. La teneur exacte de ce texte fait débat : des témoins de 1456 le décrivent comme une formule de six ou sept lignes, alors que celui versé aux minutes en compte une cinquantaine.
Le bûcher du 30 mai 1431
Quelques jours après l'abjuration, Jeanne est retrouvée en habit d'homme. Le 29 mai, les juges déclarent la rechute (relapse en droit canonique), qui entraîne la remise au bras séculier. Le 30 mai, le dominicain Martin Ladvenu lui annonce sa mort et recueille sa confession.
Vers neuf heures, sur la place du Vieux-Marché, Nicolas Midi prêche et Cauchon lit la sentence. Selon le greffier Guillaume Manchon et l'huissier Jean Massieu, entendus en 1456, plus de sept cents hommes de guerre encadrent la place. Le bûcher est dressé sur un échafaud de plâtre, assez haut pour être vu de toute la foule. Le bourreau Geoffroy Thérage allume le feu. Le dominicain Isambart de la Pierre tient une croix devant les yeux de la condamnée jusqu'à la fin. Les cendres sont jetées à la Seine.
Dans l'après-midi, Thérage se présente au couvent des dominicains. D'après le témoignage d'Isambart de la Pierre au procès de réhabilitation, il dit que le cœur de Jeanne était resté intact dans les cendres.
Sources primaires du procès de Jeanne d'Arc
Les minutes du procès de condamnation sont conservées à la Bibliothèque nationale de France (manuscrits latins 5965 et 5966). Les dépositions du procès de réhabilitation, avec une centaine de témoins, complètent le dossier : leur édition de référence reste celle de Jules Quicherat (1841-1849). Pierre Cauchon meurt à Rouen le 18 décembre 1442. L'audit du procès par Jean Bréhal fait l'objet du dossier 005. Le jugement de 1431 est annulé le 7 juillet 1456. Jeanne d'Arc est canonisée le 16 mai 1920.
Questions fréquentes sur ce dossier
Qui a jugé Jeanne d'Arc en 1431 ?
Pierre Cauchon, évêque de Beauvais, préside le tribunal de Rouen avec le vice-inquisiteur Jean Lemaistre et des assesseurs, docteurs en théologie et chanoines. Trois greffiers, Guillaume Manchon, Guillaume Colles dit Boisguillaume et Nicolas Taquel, consignent les débats.
Que s'est-il passé le 24 mai 1431 au cimetière Saint-Ouen ?
Jeanne signe une cédule d'abjuration et est condamnée à la prison perpétuelle. Des témoins de 1456 décrivent un texte de six ou sept lignes, alors que celui versé aux minutes en compte une cinquantaine.
Où est conservé le procès de condamnation de Jeanne d'Arc ?
Les minutes sont conservées à la Bibliothèque nationale de France (manuscrits latins 5965 et 5966). Jules Quicherat en a publié l'édition de référence au XIXe siècle, avec les dépositions du procès de réhabilitation.
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